« Il existe un tableau de Klee qui s’intitule «Angelus Novus». Il représente un ange qui semble sur le point de s’éloigner de quelque chose qu’il fixe du regard. Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte, ses ailes déployées. C’est à cela que doit ressembler l’Ange de l’Histoire. Son visage est tourné vers le passé. Là où nous apparaît une chaîne d’événements, il ne voit, lui, qu’une seule et unique catastrophe, qui sans cesse amoncelle ruines sur ruines et les précipite à ses pieds. Il voudrait bien s’attarder, réveiller les morts et rassembler ce qui a été démembré. Mais du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, si violemment que l’ange ne peut plus les refermer. Cette tempête le pousse irrésistiblement vers l’avenir auquel il tourne le dos, tandis que le monceau de ruines devant lui s’élève jusqu’au ciel. Cette tempête est ce que nous appelons le progrès ».

Walter Benjamin – Sur le concept d’histoire IX. oeuvres III.

Vente

« ça-voir »

150 photographies et 50 auteurs.

Cette vente est issue d’une rencontre avec Jean-Paul Mari, Grands Reporters, Pascale Marchandet commissaire-priseur, propriétaire de l’étude Rossini et Yann Merlin, photojournaliste.
Elle peut exister avec le soutien d’Artdigiprint, de NOTHING Magazine, de l’étude Rossini et de l’ensemble des auteurs qui ont bien voulu participer à ce projet.

En parcourant avec Jean-Paul Mari le travail des uns et des autres sur son site « grands-reporters », ce texte de Benjamin au sujet de l’Angelus Novus m’est apparu comme une évidence.
Cette vente rassemble des photojournalistes mais aussi, des photographes qui travaillent en dehors de l’actualité.

C’est le cas de Vincent Bousserez qui vient avec le collectif Hossa dont il fait parti. Éric Dexheimer qui photographie le corps humain comme un territoire débarrassé de l’âme humaine, ces paysages tabous qui ne doivent pas être montrés.

Vous avez untel qui photographie les paysages sauvages de l’Islande ou d’ailleurs et, au même instant, tel autre, dans tel ou tel conflit ou les bas-fonds d’aujourd’hui; les uns qui photographient la beauté du monde à l’état sauvage, ce qu’il y a d’immuable dans le quotidien de l’humanité, ceux qui jouent avec le temps et la lumière et les autres qui photographient la destruction, la détresse et le malheur, au point que l’ensemble nous projette dans le tout univers. Pourquoi ? Parce qu’il nous arrive de penser naïvement qu’il pourrait se trouver un ailleurs idéal.

De toute évidence, c’est dans une vision d’ensemble que se trouve quelque chose d’essentiel a la compréhension et/ou à l’incompréhension du monde que nous avons créé.

Une image est parfois choisie pour résumer à elle seule l’Histoire d’un événement, c’est un parti pris discutable.

L’Histoire avec un grand H c’est l’histoire des vainqueurs écrivait Viviane Forrester dans son premier essai politique : la violence du calme.

Pascale Marchandet et Olivier Nuzzo soutiennent ce rendez-vous et s’adressent à ceux, de plus en plus nombreux, qui s’intéressent à ce genre particulier de production de photographies contemporaine.

En se positionnant sur ce marché qui n’existe pas vraiment, ils espèrent rassembler une nouvelle espèce de collectionneurs ou convertir ceux qui auraient envie de ne pas passer à cote de quelque chose qui finira bien par s’imposer.
L’intention c’est de donner une place dans le marché de l’art aux auteurs de reportages qui vivent le plus souvent dans une précarité économique et sans une vraie reconnaissance.

Beaucoup se mettent en danger parfois physiquement mais aussi économiquement pour faire exister un point vu, montrer la réalité sous un autre « angle ».

L’indépendance peut elle se résumer à un statut juridique ?

Les photojournalistes ont besoin de moyens de productions et de diffusions. Pourquoi devraient-ils se transformer en illustrateurs ou photographes de « com » pour vivre. Pourquoi devraient ils mettre de côté leur vocation pour des raisons économiques ?

Le photojournaliste produit du ça-voir.

Ce ça-voir est censé augmenter le savoir de tous sur tel ou tel sujet, que ce soit sous une forme originale ou sous une autre, et produire des contre-points, qui peuvent remettre en cause le savoir dominant qui veut souvent empêcher toute rencontre avec l’autre. Les médias sont de plus en plus contestés car ils ont transformé l’information en objet de propagande.

Yann Merlin – Photojournaliste

Découvrez l’ensemble des photographes dans notre numéro spécial

nothing magazine indépendant photographie photojournalisme reportage

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Numéro spécial

Exposition de 150 photographies de 50 auteurs

vendredi 27 janvier : exposition visible à partir de 11h
Vernissage cocktail : 18h30

Vente aux enchères :
samedi 28 Janvier à 14h

Maison de Ventes ROSSINI
7, rue Drouot
75009 PARIS

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