Pèle-Porc – Ben Art’Core

Pèle-Porc – Ben Art’Core

Par Simone DABANCENS

Cette année 1937 la date du pèle-porc (la pelère) est retenue pour après le 1er de l’An dans la période de la lune – dite vieille – le bon sens des anciens assure que c’est le meilleur moment pour la conservation de la viande et la solidité des boyaux de la bête. Les invités, voisins, cousins, tous bénévoles, efficaces, sont au courant de la tradition et du travail que demande le « tue-cochon ».

Le matin de ce 15 janvier, la journée commence par un petit-déjeuner servi avec un bon café. Le maître – « Lou meste » – donne le signal pour se rendre dans la cour où vont se dérouler les diverses opérations avec l’un des hommes, le plus adroit, le plus costaud. Le patron rentre dans la loge du condamné : c’est un magnifique mâle qui pèse plus de 200 kilos, élevé en plein air, puis spécialement soigné à la farine et au grain. Mis à la diète la veille, le porc est, ce matin, très propre, sur une litière de paille fraîche.

Mis à la diète la veille, le porc est, ce matin, très propre, sur une litière de paille fraîche. Les bourreaux lui enserrent une corde solide autour du groin. Il est coincé. Il hurle malgré la prise…Les fermes alentour savent que c’est la pelère chez Pierre…La pauvre bête est tirée avec la puissance de 4, 5, 6 bonshommes jusqu’à l’endroit où il va être exécuté, renversé sur une maie (grand réservoir rectangulaire, en bois, réservé pour ce travail : c’est une huche employée pour pétrir et conserver le pain). L’ancienne « servante » a beaucoup servi, mais elle est solide, fabriquée en bois de chêne par le « charron », menuisier du village. Les « pelayres » immobilisent le porc, chacun des hommes tient fortement les 4 membres, la tête, la queue ; le saigneur serre le museau avec la corde.

C’est bon, on tient ; le couteau finement aiguisé rentre dans la gorge, un flot de sang jaillit…aussitôt recueilli dans une bassine par la fermière. Elle brasse le liquide écarlate et le porte dans une pièce froide. Il servira à la confection des boudins et des « miques ». Les hommes ne perdent pas une minute : ils retournent la maie, la remplissent d’eau bouillante et y lavent le cochon. Vas-y ! de toutes les forces assemblées pour le tourner et le retourner  avec de grosses chaînes. Ils grattent, à qui mieux mieux, la peau rose et fumante. Le porc est déshabillé de ses soies, rincé à l’eau claire : c’est la grande toilette.

Le voilà dressé sur une haute échelle. Le paysan-charcutier l’ouvre tout le long. Il retire les entrailles, les verse dans un baquet porté aussitôt à la cuisine, au chaud. Les femmes, ceintes d’un grand torchon blanc, se mettent à l’ouvrage, retirent la graisse et démêlent les longs boyaux. Gare à la maladroite qui en perce un ! Elle est taquinée et comment ! Des amies réparent le dégât qui dégage une odeur spéciale ! Vite, que rien ne paraisse, ni ne sente, quand les hommes vont rentrer : ils se moqueraient trop !


Ben Art’Core

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En 2001 j’obtiens mon CAP Photo au Lycée Quinault.

Toujours à la rencontre de l’autre j’ai parcouru de nombreuses manifestations Parisiennes, de la Gaypride au nouvel an chinois en passant par les manifestations du FN. Ce sont les mouvements sociaux et le contact proche avec les SDF de mon quartier qui m’ont cependant le plus enrichi, aussi bien professionnellement que personnellement, et qui ont constitué l’essentiel de mon quotidien durant plusieurs années (2000-2006).

Puis est arrivé le moment où le nombre de photographes a égalé celui des manifestants, et où chaque personne possédant un appareil numérique s’est auto-proclamé « photographe ». J’ai donc rangé mon argentique (Canon A1) jusqu’en 2010.

En 2010 vient le temps de l’indignation, et je commence à m’engager personnellement. Naturellement, mon travail photo a été le reflet de ces prises de conscience. Je reprends mon appareil mais cette fois en numérique (canon 60 D) en parallèle de mon engagement associatif.

Depuis ce jour, je n’ai cessé d’être sur le terrain pour documenter les nouvelles formes de résistances face aux bouleversements économiques, politiques et sociaux. J’ai couvert de nombreuses manifestations nationales et internationales : MayDay/No Expo et commémoration des 70 ans de la libération du Nazisme à Milan ; Manifestations en Grèce ; Blocage et manifestation contre la Banque Central Européenne à Francfort ; Manifestations antifascistes en Allemagne et en Grèce. Reportage au camp anti-nucléaire à Bure ; Manifestation anti-Cop 21 à Paris, etc.

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NOTHING est un magazine de photographie indépendant : photojournalisme, reportage et documentaire.

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